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Les tumeurs
du foie peuvent être :
soit primaires (le foie étant leur origine),
soit métastatiques (provenant d'un autre organe,
et transmises au foie).
Les tumeurs hépatiques primaires peuvent elles mêmes
être divisées en :
Tumeurs bénignes (non cancéreuses et restant
dans le foie)
Tumeurs malignes (cancéreuses et pouvant s'étendre
à d'autres parties du corps).
TUMEURS BENIGNES
La plus commune des tumeurs bénignes du foie
est l'angiome. Cette tumeur comme les autres tumeurs
bénignes est trouvée par hasard lors d'une étude
du foie par imagerie comme l'échographie ou le scanner.
A moins qu'il soit extrêmement développé, l'angiome
ne nécessite pas de traitement spécifique. Cette
tumeur peut se développer chez les femmes prenant
des hormones ; par conséquent souvent les médecins
recommandent d'interrompre la prise de pilules contraceptives
ainsi que les thérapies hormonales de la ménopause.
Les autres tumeurs bénignes du foie sont l'adénome
et l'hyperplasie nodulaire focale. Ces deux tumeurs
sont aussi généralement trouvées par hasard, bien
que l'adénome hépatocellulaire comporte un réel
risque de saignement à l'intérieur de la tumeur
et dans la cavité abdominale. L'usage de plusieurs
examens par imagerie, et occasionnellement des artériographies
ou des biopsies hépatiques sont nécessaires pour
diagnostiquer ces tumeurs. L'adénome est aussi très
sensible aux traitements hormonaux et peut régresser
lorsque la prise de pilules contraceptives ou de
traitements hormonaux sont stoppés. Si l'adénome
hépatique est gros, on peut recommander son ablation,
si c'est possible, afin d'éviter d'éventuels saignements
et/ou sa rupture.
TUMEURS
MALIGNES : TUMEUR
PRIMAIRE
La plus commune des tumeurs primaires
malignes du foie est le carcinome hépatocellulaire.
Aux U.S.A. la prévalence des cancers hépatique primaires
est de moins de 1 % de l'ensemble des cancers. Cependant,
dans d'autres parties du monde telles que l'Afrique,
le Sud-Est Asiatique ou la Chine c'est un problème
majeur de santé à l'origine de plus de 50 % des
cas de cancers recensés dans ces régions. Cette
différence est due au fait qu'un pourcentage plus
important de la population est porteuse du virus
de l'hépatite B, qui prédispose au développement
du carcinome hépatocellulaire. L'incidence en France
est 10/100.000 habitants (hommes - registre du Calvados)
ou 93 décès par an pour le Pas-de-Calais (Inserm
1997).
Il est reconnu depuis longtemps que les porteurs
chroniques du virus de l'hépatite B, particulièrement
ceux ayant développé une hépatite chronique ou une
cirrhose courent des risques substantiellement accrus
de développer un carcinome hépatocellulaire, cependant
le risque exact est inconnu.
Le risque de cancer du foie pour
les personnes atteintes du virus de l'hépatite C,
existe uniquement chez ceux ayant développé la cirrhose.
Il est évalué à environ 5 % par an. On ignore encore
le risque réel de cancer du foie se développant
en fonction de périodes de temps spécifiques après
la contraction de l'hépatite C.
Certaines maladies autres que
les hépatites chroniques B et C sont associées aussi
à l'accroissement du risque de développement du
carcinome hépatocellulaire :
L'hémochromatose (maladie du foie due à une surcharge
en fer) est associée à un risque substantiel de
carcinome hépatocellulaire une fois que la cirrhose
est développée.
Les malades souffrant depuis longtemps d'une cirrhose
alcoolique risquent également de développer cette
tumeur.
Deux maladies congénitales, la
déficience en alpha1-antitrypsine et
la tyrosinémie, peuvent aussi être compliquées par
le développement d'un carcinome hépatocellulaire.
Certaines toxines ou produits chimiques sont aussi
rarement associés avec le cancer du foie. En Afrique,
l'aflatoxine, une moisissure se trouvant dans des
arachides ou autres aliments mal stockés, a été
reconnu comme cause de cancer du foie.
* Classiquement on associe au cancer du foie les
cancers des voies biliaires (10% des tumeurs malignes
hépatobiliaires).
DETECTION ET DIAGNOSTIQUE
:
Le cancer primaire du foie peut être détecté
par le suivi des malades à haut risque ou par hasard
lors d'une étude de l'abdomen par imagerie effectuée
pour une autre raison, ou bien être détectée par
des symptômes tels que des douleurs abdominales.
Des études effectuées dans différents pays ont démontré
que la pratique régulière d'échographie abdominale
et des marqueurs de tumeur se trouvant dans le sang
appelé alpha-foetoprotéine, peuvent mener à une
détection précoce de petits carcinomes hépatocellulaires
chez les patients à haut risque. Cette stratégie
de prophylaxie n'a pas été largement adoptée du
fait du rapport coût/efficience qui reste à démontrer.
Une perte de poids, des douleurs périodiques sévères,
et autres symptômes généralisés peuvent apparaître
chez les malades qui développent des symptômes d'hépato-carcinome
plus avancés. La santé peut se détériorer rapidement
et un ictère (jaunissement de la peau) peut apparaître.
Le diagnostic d'un cancer hépatique primaire est
typiquement effectué par imagerie, telle que l'échographie
abdominale ou le scanner en combinaison avec la
mesure sanguine de l'alpha-foetoprotéine. Le diagnostique
final pourrait nécessiter parfois une biopsie hépatique
effectuée dans la zone tumorale. Il peut être nécessaire
aussi d'analyser les veines et les artères hépatiques
par une artériographie surtout si une intervention
chirurgicale est envisagée.
TRAITEMENT :
Le traitement du cancer hépatique primaire
peut-être orienté dans le but de la guérison, ou
bien orienté comme palliatif (le soulagement des
symptômes et la prolongation de la vie).
Quand la tumeur est relativement petite et limitée
à une partie du foie, la suppression chirurgicale
de la tumeur (hépatectomie) offre de bonnes chances
de guérison.
.Plusieurs autres thérapies offrent maintenant de
bonnes chances de pallier un carcinome hépatocellulaire
; en particulier l'alcoolisation (l'injection directe
d'alcool dans la tumeur via une petite aiguille),
ou la chimioembolisation (embolisation d'agents
chimiothérapiques spécifiques par artériographie
hépatique). Les chimiothérapies systématiques ou
générales appliquées au cancer du foie malgré les
progrès récents restent peu efficaces. Ces différentes
thérapies peuvent aussi être utilisées ensemble
conjointement à une résection chirurgicale ou une
transplantation hépatique
TRANSPLANTATION :
Le carcinome hépatocellulaire a été considéré
depuis le début de la transplantation du foie comme
une indication fréquente lorsque la tumeur était
inextirpable par une hépatectomie partielle (grande
tumeur ou impliquant plus d'un lobe du foie). La
récidive tumorale est apparue rapidement comme le
facteur limitant l'indication de transplantation
puisque le pourcentage de survie des patients à
3 ans s'établit seulement à environ 30 %.
Cependant le groupe des carcinomes hépatocellulaire
face à la transplantation apparaît très hétérogène
:
il existe un risque élevé de récidive tumorale dans
le cas de tumeur de plus de 3 cm sur foie cirrhotique
ou lorsqu'il existe un ganglion envahi qu'il soit
situé dans le pédicule hépatique ou non.
le risque de récidive est faible dans les tumeurs
découvertes incidemment à l'examen de la pièce d'hépatectomie
totale et par extension dans les tumeurs de moins
de 3 cm.
La récidive est très fréquente s'il s'agit d'une
forme multinodulaire (plus de 3 nodules) et s'il
existe un envahissement vasculaire.
La prise en compte de ces différents
paramètres rend difficile l'indication de transplantation
hépatique dans toutes les formes de carcinome hépatocellulaire
si l'on tient compte du bénéfice à long terme que
l'on peut offrir au patient.
En conclusion il apparaît qu'il est difficile de
poser l'indication de transplantation hépatique
dans le cas de gros carcinomes hépatocellulaires
ou la forme plurinodulaire en raison de l'absence
de bénéfice escompté à long terme.
TUMEURS
MALIGNES : TUMEUR
MÉTASTATIQUE OU SECONDAIRE
Les tumeurs métastatiques ou secondaires
du foie proviennent d'un cancer dont l'origine se
situe ailleurs dans l'organisme (la tumeur secondaire
la plus fréquente est la métastase d'un cancer colo-rectal).
Parce que le foie filtre le sang provenant de toutes
les parties du corps, il est souvent l'endroit dans
lequel les cellules cancéreuses se logent et se
développent en nodules métastatiques. Un foie hypertrophié
par un cancer est souvent le signe avant coureur
d'un cancer dans d'autres organes.
Le cancer secondaire ou métastatique ne doit pas
être confondu avec le cancer primaire du foie.
L'indication de transplantation hépatique paraît
actuellement abandonnée pour les métastases hépatiques
des cancers colorectaux, des cancers gastriques
et des cancers du sein.
Document
issu d'une traduction d'une brochure de l'American
Liver Foundation ainsi que des conclusions de la
Conférence de Consensus sur la Transplantation Hépatique.
(Avec l'aimable correction
du docteur Faouzi SALIBA du Centre Hépato-Biliaire
de l'hôpital P. BROUSSE VILLEJUIF et du professeur
François PRUVOT du CHRU CALMETTE de LILLE)
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